Le bateau de ma vie

On a beau ne pas vouloir virer de bord, mais quand le vent se présente à vous, il faut apprendre à garder les yeux ouverts.Souvent voir la vérité en face n’est pas agréable et c’est ainsi comme à chaque fin de croisière estivale que les années de mon âge se voilent un peu plus. Août m’a apporté comme à chaque année un joli cadeau, mais de plus en plus lourd à porter.

Encore un noeud marin de plus à ma corde de vie. » 62 noeuds  » sera ma nouvelle vitesse de croisière. Combien de temps pourrais-je tenir à cette vitesse sans rien casser ? Faire attention à ne pas talonner le fond de ma vie !Il faut toujours aller de l’avant.

On peut regarder à tribord ou à bâbord mais ne jamais regarder en arrière. Toujours droit devant soi, sortir toutes voiles dehors, avoir le vent en poupe mais toujours prendre le plus grand soin de son safran sans quoi on n’irait pas bien loin sur l’océan de la vie.Je n’ai jamais vraiment eu le pied marin, ni aucun autre pied d’ailleurs, mon pied je l’ai souvent pris dans les cordages de mon existence car mon bateau a étalé beaucoup de tempêtes.J’ai souvent été un matelot ivre, toujours à naviguer entre deux mers, souvent perdu dans le brouillard des vapeurs d’alcool à chercher ma route.

Parfois j’ai même totalement perdu le contrôle de ma barre mais heureusement que le bastingage était là à chaque fois pour m’éviter de tomber à l’eau.J’ai souvent vacillé, je suis parfois tombé, mais mon armure était solide et arrivait à faire face aux grains que sont les vents forts que l’on rencontre sur sa route. Combien de fois n’ai-je pas pensé à hisser la grande voile mais celle-ci était encore endommagée par ma dernière traversée trop arrosée.

Il ne me restait plus qu’à louvoyer pour essayer de remonter au vent et manoeuvrer pour essayer de reprendre ma route.Aujourd’hui, mon pont craque, mon bateau va accoster, je vais attacher les amarres aux bittes qui n’ont vraiment plus fière allure, mais qu’importe, dans la vie ce n’est pas la bitte qui compte, pour le bateau c’est l’état de son cordage qui est primordial !

Zut, j’ai prononcé le mot interdit sur un bateau  » la corde »ça porte malheur, enfin c’est ce que l’on dit.Il y a une seule exception qui est la corde de la cloche du bateau, corde sur laquelle je ne vais plus tarder à tirer pour sonner que la terre est enfin en vue, je vais bientôt amarrer pour ma prochaine escale.

Voilà, tranquillement assis en admirant un coucher de soleil, je contemple et regarde une dernière fois l’état de mon embarcation, celle sur laquelle j’ai tellement navigué. Mon Dieu, qu’elle a l’air en mauvaise état, j’espère que la rouille du temps ne fera pas plus de dégâts.

J’en aurai encore besoin, mon voyage n’est pas terminé.J’ai encore du chemin à faire, j’ai encore des choses à faire, mais surtout j’ai encore tellement, tellement de belles choses à découvrir.

Bon voyage à vous

Soyez Heureux

Armand

Publié par

Armand Henderyckx

Armand Henderyckx est né en 1958 à Bruxelles, ce qui fait de lui un jeune retraité.

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